Léo gratias, col tempo


Et pis... Taf ' !

Là-haut

Le lierre effaré

S'enfuit

A fleur de rafle

S'affaire

En rafale

Lucifer

Le feu affolé

Au lieu s'enferre

S'en fout Léo

Le fier ailé

Dame! Le lion espiègle

A gueule d'aiglon

Aux nations

Engluées

Honnis ruez

Raz de tonnerre

Tonitruez

Pour nous en terre

Thanatos attelé

Se shoote en tête

TNT haine TNT net

En touche vous allaite

Le coeur en torche

Wie tot au DDT

La diode en friche

As dead sans antidote

Nada anar!

Enfer et Danaïdes

Enfants d'Atrides

A fond d'étreinte

Font bon ménage

De nous en vie

Chou blanc

Encore un cou pour oublier

Un coup à bleu

Sans loup férir

Les vautours de vos oublis

La tour eiffel

Lassante épure

Ether en foule

La loi du son

Dur sans Ferré

Jarrets sciés

Au sang versé

En cirage

Ci-gît un vieux sage

Enragé

" Avec-le-temps-va "

Toussaint vente

Invoque l'athée

Et vis!

[Eté 1993]


Lettre à Elise Léo

Mon cher Léo,

Je t’écris pour te donner des nouvelles d’ici-bas... Ne m’en veux pas si je profite de l’occasion pour t’envoyer une chansonnette de ma composition - je n’ai jamais osé de ton vivant. Je me doute bien que tu éprouveras quelque difficulté à l’interpréter; mais enfin, même une voix d’outre-tombe (qui plus est la tienne!) peut résonner dans ce silence de la raison.

Depuis ton départ, pas grand chose n’a changé. On compte toujours autant de sang versé, bien que les circonstances varient à chaque épisode. Ceux qui en réchappent, et qui parviennent aussi à éviter les flux de sang contaminé, ont bien d’autres occasions de se faire du mauvais sang : Bouffer de la vache folle, manger de la vache enragée, voilà le quotidien qu’il leur faut digérer, et la troisième voie, alimentaire ou autre, n’est pas à l’ordre du jour. Hier, tu donnais de la voix - tu donnais ta voix - mais aujourd’hui les lendemains ne chantent plus.

Avec une brassée de sigles muets comme maigre destin, l’Homme, abreuvé de discours brouillés - et comme médusé -, s’est replié dans une terreur sans fin. Dans le flot de paroles sidérantes, seul le souffle du vent ne sonne pas creux. Oui, le vent... Il y a énormément de vent dans tout cela... Si j’ai bonne mémoire, le vent, c’est aussi le titre d’une de tes chansons - tu verras, je l’ai mis en première ligne dans mon texte.

Bon, je ne vais pas abuser de ton éternité. Il est grand temps que je te quitte - façon de parler, bien sûr... Et puis d’écrire, puisqu’écrire, c’est malgré tout espérer.

Post-scriptum : la chansonnette suit.

" Les pieds devant et en avant "

(Rêve évolutionnaire)

Tant et tant ils brassent le vent
Que leur souffle exhale l'argent
Mais qu'on leur boxe l'entregent
On les voit sonnés et trébuchant

Les Puissants
Les Puissants

Ils méprisent le tout-venant
Et s'assoient sur nos tourments
Mais piquez l'or de leurs dents
Qu'ils se fassent du mauvais sang

Les Puissants
Les Puissants

Ils crachent sur l'ombre de feu Vian
Et piétinent nos rêves d'enfants
Mais faites leur du rentre-dedans
Ils s'en vont clopin-clopant

Les Puissants
Les Puissants

Ils caracolent en pur-sang
Pas comme ces cochons d'payants
Mais qu'ils guignent un chèque en blanc
Attention aux fauves sanglants

Glapissant
Glapissant

Un jour viendra fatalement
Où l'on verra tous les manants
Les gens de pied, les mécréants
Faire la chasse aux Puissants

Impuissants
Impuissants

J'entends déjà leur fier slogan
Paroles arides, beauté du chant
Les puissants,
les pieds devant
Et en avant, Les Manants!

Les Manants
Les Manants

[1996 & 1992]


Léo de Hurlevent, prince d'Agonie

Trois heures du matin... Je rêve que Léo Ferré me sonne à nouveau (sur mon portable que j'ai pas):

Léo : Verlan? T'es qu'une brème! Pis j'te connais pas et j'aime pas c'que tu fais pas.
Ma pom' : Encore toi! Si tu continues, j'appelle la Mort (sur mon second portable que j'ai pas) - ça t'a pas suffi d'une fois?
Léo : Chiche!
Ma pom' : Bon, tu l'auras voulu... Allo... Madame la Mort?... Y'a votre sacré filleul qui fait rien qu'm'embêter.. Comment lequel??? Ben Léo, pardi!!!... Vous en avez tant que ça?!!!... Non, je disais ça com'ça... Oui, j'vous le passe... Bien des choses autour de vous... (Je mets les deux portables que j'ai pas en tête-à-queue)
La Mort : Léo, c'est bien toi?
Léo : La Mort, t'es rien qu'une crevure!
La Mort : Et toi, une enflure!
Léo : Ordure!
La Mort : Biture!
Léo : Bromure!
La Mort : Silure!
Léo : Tonsure!
La Mort : Roture!
Léo : Rature!
La Mort : Plus court!
Léo : Chiure!
La Mort : Plus court!
Léo : Hure!
La Mort : Encore plus court!
Léo : Hue!
La Mort : Bon, Léo, t'as encore gagné! Repasse-moi cette brème de Verlan...

Je coupe mes deux portables que j'ai pas et les cale sous l'oreiller. Y'a pas de quoi s'énerver, je sais pertinemment que je suis en train de dormir - mais pourquoi diable pleut-il des noisettes tout autour de moi? C'est que je ne suis plus dans mon lit. On est même nombreux à piétiner devant une salle de spectacles... Que dit l'affiche?

Léo Ferré, le retour

La Mort en première partie

Je m'enfuis par les souterrains. Une voix lugubre résonne dans le lointain, comme une rumeur voilée d'un étrange cliquetis. Je devine sans peine que c'est la Mort, toute affairée à pousser son chariot encombré de poisons volatiles... La voix se fait maintenant plus distincte: "dernier passage... dernier passage...", qu'elle annonce, se rapprochant encore et toujours...

[1999]


Du rififi chez les Honte-Glaire

Une autre nuit, un autre songe... Je rêve que Léo aimait à se faire inviter chez les Honte-Glaire à l'heure du thé. Car en présence de la Reyne de Honte-Glaire, il trouvait toujours moyen de lui faucher son sérénissime couvre-chef, et, s'aidant de la royale pince à sucre qu'il maniait comme pas deux, il savait en tirer des sons exquis.
- Grand sot, qu'elle lui lançait comme ça la Reyne de Honte-Glaire, ne vas-tu pas bientôt cesser tes pitreries sonores et me rendre ma couronne?
- Dans dix mille ans, ma Reyne, qu'il lui répondait le Léo, dans dix mille ans; d'ici là, sûr que je la tiendrai...
- C'est-y quoi donc que tu cherches, grand fou, à m'en briser les tympans?
- La note bleue, ma Reyne, la note bleue...

[1999]


Prière à un dieu qui n'est pas

Mon dieu qui n'êtes pas
Et si jamais vous étiez, faites preuve d'humour, venez prendre un godet à la santé des athées
Faites que
Léo Ferré ne devienne pas un produit dérivé (*)...

Dérivant, si vous voulez, ça ne manque pas d'allant
Dériveur, à l'extrême rigueur
Mais dérivé, que nenni! Au grand jamais!

Mon dieu qui n'êtes pas
Et si jamais vous étiez, faites preuve d'élégance, claquez une boutanche au p'tit bonheur des laïques
Je vous accorde d'être - le temps d'exaucer cette prière

[2000]

(*) baromètre, motif de nappe, rond de serviette, etc...


Le nec giga ultra...

... C'est le rendez-vous annuel avec Léo Ferré - le 14 Juillet au soir - aux soins dévoués de l'Association Thank You Ferré.

... La mémoire et
la Mort...


Réseau-Largo-Léo

http://www.leo-ferre.com

Le printemps de Léo Ferré

L' Association "Alors Léo..."

La page perso de Jean-Philippe

La semaine culturelle "Léo Ferré" du 4 au 12 novembre 2002 à la Médiathèque municipale de Lillers

Verlan

Figures verlaniennes

Les verlaneries

La loggi@