Verlan et la nervalitude


Aurélia de Gérard de Nerval
(extrait)

Pendant trois jours je dormis d'un sommeil profond rarement interrompu par les rêves. Une femme vêtue de noir apparaissait devant mon lit et il me semblait qu'elle avait les yeux caves. Seulement au fond de ces orbites vides il me sembla voir sourdre des larmes brillantes comme des diamants. Cette femme était pour moi le spectre de ma mère, morte en Silésie. - Un jour on me transporta au bain. L'écume blanche qui surnageait me paraissait former des figures de blason et j'y distinguais toujours trois enfants percés d'un pal, lesquels bientôt se transformaient en trois merlettes. C'étaient probablement les armes de Lorraine.
Je crus comprendre que j'étais l'un des trois enfants de mon nom, traités ainsi par les Tartares lors de la prise de nos châteaux. C'était au bord de la Dwina glacée. - Mon esprit se transporta bientôt sur un autre point de l'Europe, aux bords de la Dordogne, où trois châteaux pareils avaient été rebâtis. Leur ange tutélaire était toujours la dame
noire, qui dès lors avait repris sa carnation blanche, ses yeux étincelants et était vêtue d'une robe d'hermine, tandis qu'une palatine de cygne couvrait ses blanches épaules (a).

(a) La Brownia (note de Nerval)


La dernière missive de G. de N.
(adressée à Mme Alexandre Labrunie)

Ma bonne et chère tante, dis à ton fils qu'il ne sait pas que tu es la meilleure des mères et des tantes. Quand j'aurai triomphé de tout, tu auras ta place dans mon Olympe, comme j'ai ma place dans ta maison. Ne m'attends pas ce soir, car la nuit sera noire et blanche.

Gérard Labrunie.
(24 Janvier 1855)


Les hauts lieux de la Nervalitude à Paname

96, rue Saint-Martin : naissance de Gérard Labrunie le 22 mai 1808 ; la maison a ensuite porté le n° 168, puis a disparu.

L'heure sonnait, lorsque passant devant le numéro 37 de la rue Notre-Dame-de-Lorette, je vis sur le seuil de la maison une femme encore jeune dont l'aspect me frappa de surprise. Elle avait la figure blême et les yeux caves ; - je me dis : " C'est la mort. " (Aurélia)

Rue de la Vieille-Lanterne (aujourd'hui disparue) : décès par pendaison - assure-t'on - de Gérard Labrunie, dit de Nerval, dans la nuit du 25 au 26 Janvier 1855.

Cimetière du Père-Lachaise (49ième Division) : ci-gît Gérard Labrunie, dit de Nerval.
La tombe de Nerval fait face à celle de Balzac.

- Je cherchai longtemps la tombe d'Aurélia, et je ne pus la retrouver. Les dispositions du cimetière avaient été changées, - peut-être aussi ma mémoire était-elle égarée... Il me semblait que ce hasard, cet oubli ajoutaient encore à ma condamnation.
(Aurélia)

- Est-ce que tu vas des fois au Père-Lachaise? Je lui ai demandé.
- Je vais dans tous les cimetières.
- Faire quoi?
- Voir des gens.
- Des morts ou des vivants?
- Bientôt, ça fera plus tellement de différence.
(Alina Reyes, Il n'y a plus que la Patagonie)

Enfin, une rue Gérard de Nerval existe à Paris depuis 1956 (18ième arrondissement) ; plus qu'une rue, c'est un tronçon, un segment qui vient de nulle part et qui y mène pareillement (je ne peux que vous inciter à vérifier par vous-même).


Lavis de recherche

Le petit Nervalito, égaré dans une aube brumeuse et incertaine aux confins de Gross-Glogau, attend toujours sa maman...

- Faire offre. -


Givre en tête, ou la psychose nervaloïde

Gérard Labrunie,

dit Gérard de Nerval,

dit G. Labrunöe Dy Nâwae,

dit il cav. G. Nap della torre brunya, ...

... était-il timbré? Proposition hardie mais philatéliquement correcte...


Mutatis mutandis

Il vous est loisible de jipéguer un spécimen rare d'OGM nervalo-verlanien :
Enjoï!


Vision nadarwiniste


Trois p'tits tours de cyberpiste avec CythèreGérard

"Le coin du poète" nous donne à lire El Desdichado, Fantaisie, Le point noir, Une allée du Luxembourg.

Sur le site d'ATHENA, nous avons rendez-vous avec Aurélia.


Le fait du nom

Onomastique labrunienne
(un jour viendra)
[ patience ]

Verlan

Figures verlaniennes

Les verlaneries

La loggi@